Jean-Pierre Waeckel ou La Relation Cosmique
Puisant dans les déchets de la technologie du fer, recueillant pierres ou
matières-rebuts qui lui font signes, le sculpteur Jean-Pierre Waeckel ne cesse
d’arc-bouter l’esprit dans une forme qui bouscule. Maître d’un feu essentiel,
son geste éveille nombres et mesures à leur incandescence. Affrontant sans
relâche le « bon sens » des « quidams» modernes qui n’ont pas hésité à disloquer
et à mettre aux ordures sa majestueuse sculpture, « L’éternelle », conçue pour
célébrer l’an deux mil, il s’élance dans les sociétés, que ce soit au Canada, en
Suède, en Russie, en Afrique, etc., pour y forger les éclats d’une oeuvre libre
qui témoigne des hautes facultés de l’homme dans l’univers. De nombreuses
expositions ont permis de révéler non seulement la variété des dimensions et des
perspectives, des flux et des ondes qui traversent ses créations, mais aussi le
rapport qu’elles entretiennent avec les rythmes des voix et des compositions
sonores qu’elles accueillent. Les oeuvres de Jean-Pierre Waeckel sont des
esprits errants qui s’ajustent à toutes les formes de la vie et interpellent
l’intelligence du monde.
« Mon oeuvre, écrit-il, ne se base pas sur la science : c’est l'antithèse de
l'hégémonie scientifique ; mais, par la transcendance, tous les fondements
scientifiques s’y retrouvent. C'est la puissance, la droiture de l'esprit, qui
passent par le geste, sans aucun filtre, sans aucun parti pris. C'est une
attitude médiumnique, l'aporie qui vient délivrer un bout de secret.»
Paul-Henri LERSEN
Au Cinéma "Le Club"
du 21 octobre au 12 novembre |